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Santé & vie quotidienne

6 signes qui doivent alerter sur un risque de chute chez un senior

Avant la chute elle-même, plusieurs signes annoncent souvent un risque accru. Voici les 6 signaux à repérer chez un senior, et les réflexes à adopter.

Publié le:
August 10, 2026
Mis à jour:
August 10, 2026
| Rédaction :
Brice ROY
| Temps lecture :
min
SOMMAIRE
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On pense souvent à la chute comme à un accident soudain, imprévisible. En réalité, chez une grande majorité des seniors, plusieurs signaux annoncent un risque accru plusieurs semaines ou plusieurs mois avant qu'elle ne survienne. Les repérer permet d'agir en prévention plutôt que de subir les conséquences, souvent lourdes, d'une chute chez une personne âgée. Voici 6 signes à surveiller chez vous ou un proche, et les réflexes à adopter.

Le chiffre à connaître : selon Santé publique France, 174 824 hospitalisations liées à une chute ont été recensées en 2024 chez les personnes de 65 ans et plus (+20,5 % par rapport à 2019), et les chutes restent la première cause de décès accidentel après 65 ans.

1er signe: Une démarche qui se modifie discrètement

Des pas plus courts, plus lents, ou une hésitation nouvelle avant de franchir un seuil ou un changement de sol (tapis, carrelage, seuil de porte) sont souvent les premiers signes d'un équilibre qui se dégrade. L'entourage remarque parfois une démarche qui « traîne », les pieds ne se soulevant plus assez, ce qui augmente le risque d'accrochage sur un tapis ou une marche.

2ème signe: Une difficulté à se lever d'une chaise sans les mains

C'est un test simple utilisé par les gériatres : se lever d'une chaise sans s'aider des accoudoirs ou des mains. Si cela devient difficile, voire impossible, ou nécessite plusieurs tentatives, c'est le signe d'une perte de force dans les cuisses (quadriceps), un facteur de risque de chute majeur, en particulier lors des transferts (se lever du lit, des toilettes, d'un fauteuil).

3ème signe: Des vertiges ou une instabilité en se levant brusquement

Une sensation de tête qui tourne ou de jambes qui « flanchent » dans les secondes qui suivent un lever rapide peut trahir une hypotension orthostatique : la tension artérielle chute momentanément quand on passe de la position couchée ou assise à la position debout. Ce phénomène, fréquent avec l'âge et parfois aggravé par certains traitements, est responsable d'une part importante des chutes matinales ou nocturnes.

4ème signe: Une chute récente, même sans blessure apparente

C'est le signal le plus fiable de tous : avoir déjà chuté, même une seule fois et sans conséquence grave, double statistiquement le risque de rechuter dans l'année qui suit. Beaucoup de seniors minimisent une première chute (« j'ai glissé, ça peut arriver à tout le monde ») alors qu'elle mérite systématiquement d'être signalée au médecin traitant.

5ème signe: Une nouvelle appréhension à se déplacer seul

La peur de tomber qui s'installe après un incident, ou même sans incident identifié, pousse souvent la personne à réduire ses déplacements par précaution : elle sort moins, se déplace en s'appuyant sur les meubles, évite certaines pièces. Ce comportement, compréhensible, a un effet pervers bien documenté : moins de mouvement affaiblit encore les muscles et l'équilibre, ce qui augmente paradoxalement le risque de chute à moyen terme.

6ème signe: La prise de plusieurs médicaments qui affectent l'équilibre

Somnifères, anxiolytiques, certains antihypertenseurs ou antidépresseurs peuvent, seuls ou combinés, provoquer somnolence, baisse de vigilance ou chute de tension. Au-delà de 4 ou 5 médicaments pris quotidiennement (polymédication), le risque de chute augmente sensiblement. Un point régulier avec le médecin ou le pharmacien permet de vérifier si certains traitements peuvent être ajustés.

Signe observéCe qu'il peut révélerCe qu'il faut faire
Démarche plus lente, pas traînantsPerte d'équilibre débutanteBilan de la marche avec un kinésithérapeute
Difficulté à se lever sans les mainsPerte de force musculaire (quadriceps)Renforcement musculaire régulier
Vertiges en se levantHypotension orthostatiqueSe lever lentement, avis médical
Chute récente, même bénigneFacteur prédictif n°1 de rechuteToujours en parler au médecin traitant
Peur de tomber, sorties réduitesSyndrome post-chuteMaintenir une activité adaptée, ne pas s'isoler
Plus de 4-5 médicaments quotidiensPolymédication à risqueRevue des traitements avec le médecin/pharmacien

Un seul signe ne suffit pas à s'alarmer : c'est surtout l'accumulation de plusieurs signaux, ou leur apparition récente et progressive, qui doit pousser à consulter. Un bilan gériatrique ou une évaluation par un kinésithérapeute permet d'objectiver le risque réel et de mettre en place des mesures adaptées, souvent simples et peu coûteuses.

Comment réduire le risque au quotidien

La prévention passe d'abord par le domicile : sécuriser la salle de bain reste une priorité, car c'est l'une des pièces où les chutes sont les plus fréquentes et les plus graves. Installer une douche sécurisée avec siège et barres d'appui, ou équiper un escalier d'un monte-escalier lorsque les marches deviennent un obstacle quotidien, sont deux aménagements qui réduisent concrètement l'exposition au risque.

Le renforcement musculaire régulier, même modéré, fait aussi partie des solutions qui font leurs preuves ; nous en parlions dans notre article sur le renforcement musculaire comme outil de prévention des chutes.

Enfin, quand ces signes s'accumulent, il devient important de ne plus laisser un senior seul sans moyen d'alerte en cas de chute effective, en particulier la nuit ou lors des transferts, moments les plus à risque.

En cas de chute, chaque minute compte

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Questions fréquentes

Découvrez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur ce sujet.

Oui. Même sans blessure, une première chute double statistiquement le risque de rechute dans l'année. En parler permet d'identifier la cause (équilibre, tension, médicament) avant qu'un second épisode, potentiellement plus grave, ne survienne.
Le médecin traitant reste le premier interlocuteur. Il peut ensuite orienter vers un kinésithérapeute pour un bilan de l'équilibre et de la marche, ou vers un gériatre en cas de facteurs de risque multiples.
Indirectement, oui. Cette peur pousse souvent à réduire les déplacements, ce qui affaiblit les muscles et l'équilibre avec le temps, et augmente paradoxalement le risque de chute. Mieux vaut maintenir une activité adaptée que de s'immobiliser par précaution.

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